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Par Chloé.

Récit d’une habitante du quartier littéraire dans le bourg de Saint Herblain.
Après avoir regardé les horaires de bus sur l’application TAN, la voilà partie à la recherche de l’arrêt GRIMM de la ligne 73. Quand elle avait acheté la maison, l’agence lui avait vanté les mérites d’être proche de cette ligne de bus.
« Vous verrez », lui avait-on dit, « Elle est super ! Vous pourrez allez facilement à Atlantis sans prendre la voiture, prendre la ligne 1 pour rejoindre le centre ville de Nantes ou bien descendre jusqu’à Indre contempler la Loire et profiter de son marché le dimanche !»
Certes, ce n’était pas pour cette ligne de bus qu’elle avait choisi ce pavillon, mais après tout, pourquoi pas ? La voiture c’est bien mais, en périphérie, c’est souvent des bouchons, et puis faudra trouver une place de parking…
Alors aujourd’hui elle s’était laissé tentée par l’idée de prendre ce bus.
Après tout 700m à pied pour rejoindre les frères, elle peut bien prendre le temps !
Quelques noms de rue retenues, elle part.
Traverser son quartier, pas besoin de carte pour ça.
Une maison, deux, trois… Elle compte. C’est la seule manière qu’elle a trouvé pour s’occuper. « Les maisons sont vraiment toutes identiques à la mienne. »
Elle s’ennuie.
PAUL CLAUDEL.
Une impasse à droite. Elle passe devant, puis revient en arrière.
« Fallait que je tourne, prendre Michel Foucault ! »
Au bout, il l’attend pour quelques pas jusqu’à Vecquerie.
Encore les mêmes maisons, 4 murs, un toit, une allée de garage dépourvue de voiture.On est lundi, les gens sont partis tôt ce matin.
Quelle direction prendre ? Rien n’indique le chemin à suivre, elle ne sait pas, ne sait plus.
Personne à qui demander alors ça sera la gauche. Et puis la prochaine à droite.
COMTESSE DE SEGUR.
Elle s’enfonce dans ce tissu, cherchant désespérément l’intervention de Dickens.
Une allumette au sol, une fillette qui court… Encore une impasse.
DICKENS et ANDERSEN sont là, en pleine discussion sur cette absence de vie de quartier.
Elle s’exclame : « Je vous attendais au bout de la rue Charles! Un peu plus et je vous manquais ! » En attendant toujours pas de François Mitterrand en vue ! La rue dérive vers la droite, le boulevard s’éloigne de nouveau.

Le piège littéraire se renferme sur elle !
11h37. Ca y est ! Elle a enfin trouvé la sortie et les frères GRIMM, par la même occasion. Un lapin arrive, courant, et répétant inlassablement « En retard, je suis en retard, en retard… »
Plus rien ne l’étonne désormais, elle aussi, elle est en retard. Le bus est déjà passé.
Au loin, il s’éloigne. Personne à l’arrêt, alors il avait poursuivi son chemin.
Le prochain ne passera que dans vingt minutes…
Ah oui ! Elle est vraiment super cette ligne !…
Elle hésite à attendre, à prendre le suivant. Enfin ! Partie pour partie, autant continuer jusqu’à François Mitterrand à pieds , ce n’est que deux arrêts plus loin après tout !
C’est fini, la prochaine fois, je prendrai la voiture, ça sera plus simple !
Ou alors un gps pour me repérer dans ce quartier…