Les croisiéristes

C’est la fin du voyage sur le MSC Bellissima. Le bateau est à moitié vide depuis sa dernière escale à Palerme. Seuls restes les quelques croisiéristes débarquant à Saint Nazaire, ainsi que l’entièreté de l’équipage. Depuis qu’ils ont quitté la chaleur du soleil méditerranéen, ils se sont rabattus sur les enseignes luxueuses, les bars lounges et la salle de gym. Sur le bord de la piscine Atmosphère, ils s’attachent à regarder le large, quand le capitaine propose de se tourner vers la proue, pour découvrir la façade Atlantique française.

Saint Nazaire s’approche. Ils peuvent voir, de loin, le paysage bâti dense. Étendue blanche et bleue. Au plus haut, ils surplombent l’entièreté du paysage nazairien. Ils voient le pont de Saint Nazaire élancé dans la ligne d’horizon. Ils distinguent les marais de Brière à bâbord, le découpage des plages au sud de la Loire. Petit à petit ils découvrent l’effet désordonné des quelques quartiers épargnés dans la rigidité du quadrillage d’après-guerre. Les rues sont plus larges que les immeubles hauts, on est trop loin pour voir la vie qui les investissent. Ils voient maintenant les nuances du béton. Celui blanc et froid des immeubles bas. Celui gris et extatique de la base sous-marine. Ils n’ont pas le temps de s’interroger qu’ils sont déjà arrivés à quai. Un bus les rapatrie dès leur arrivée vers l’aéroport de Nantes.

Barcelone, Marseille, Gênes, Naples, Messin, Valeta, Saint Nazaire, ils en ont juste assez vu !